Digital Inside, enjeux et perspectives

Il existe quatre poussées technologiques majeures auxquelles il faut nous préparer  :

    Le tracking et le profiling : révolution de l’utilisation des traces que nous, citoyens, consommateurs et travailleurs, laissons dans le Big data. Cette tendance est représentée par le fait d’être observé, la géolocalisation, le fait d’être lu et écouté sur les réseaux sociaux et même la reconnaissance faciale.
    La révolution des objets intelligents, des objets connectés qui vont réellement transformer nos outils et leurs usages.
    La réalité augmentée : viso-conférences améliorées, lunettes Google …
    La micro-production avec l’imprimante 3D qui va révolutionner l’industrie.


Il faut alors s’interroger sur les conséquences de ces tendances,de ces innovations :  Quelle faisabilité hors laboratoire, quelle efficacité, productivité, et surtout quelle adaptabilité à des métiers ? La question de l’acceptabilité par les usagers est ici primordiale. Quels impacts organisationnels et humains ? Que devient-on au sein de l’entreprise face à la technologie ? Que devient la culture de l’entreprise, le rapport à l’entreprise ? Quelle nouvelle cohésion se met en place entre les femmes et hommes ? Quels contenus pour le réseau social d’entreprise ? Contenus sélectifs selon le poste, l’intérêt ? Contenus horizontaux où chacun publie ce qu’il veut ?

Nous avons un besoin primordial de règles du jeu claires et d’une stratégie digitale pour aborder cette terra incognita. Mais c’est avant tout la psychologie, les mentalités des utilisateurs, et non seulement les outils de travail qui vont être bousculés.  Comment alors faire cohabiter les nouvelles règles de travail avec l’ancien modèle ? Toutes ces questions restent sans réponse aujourd’hui. Il existe différents utilisateurs du numérique. 35 ans est l’âge du gap mental, qui marque la césure entre ceux qui découvrent les outils, les Web-users et les Web-natifs  pour qui la technologie s’est banalisée, avec de nouvelles manières de fonctionner, de communiquer, d’échanger. Cette psychologie est quasiment à l’opposée de nos habitudes en entreprise.

– Les femmes sont plus innovatrices que les hommes

– Les plus de 35 ans sont plus innovateurs que les moins de 35 ans

– Les tertiaires sont plus créatifs que les ingénieurs et les marketeurs et commerciaux plus que les producteurs.

De nouvelles façons de fonctionner apparaissent, un nouveau paradigme sociologique se fait jour : interactivité dans la communication, pas de fidélité sans collaboration, pas de fairplay  sans communauté, pas de mobilisation sans débat. Tout cela va créer un affaiblissement de l’autorité. C’est une réelle rupture avec les anciennes méthodes. De surcroît, il faut bien saisir la crainte de la déshumanisation que certains usagers peuvent ressentir pour l’innovation. Chaque usager doit percevoir un bénéfice personnel de confort dans le travail ou un bénéfice de qualification. S’il faut néanmoins se garder des stéréotypes, il y a de réels enjeux psychologiques qu’il nous faut decrypter pour comprendre et mesurer la faisabilité et l’acceptabilité de l’innovation digitale (cf: Digital Ready de Netexplo). On distingue aujourd’hui dans le corps social de l’entreprise deux types de réaction face à l’innovation digitale, représentant à elles seules 62% des salariés : – Les technocrates : persuadés qu’il faut aller vite, tant pis si ça bouscule les hommes, question de survie pour l’entreprise, celles et ceux qui peuvent montent dans le bateau. – Les geeks : amusés, impliqués pour eux-mêmes, en logique individualiste, pas forcément pour l’entreprise. Moins nombreux sont les « gatekeepers » qui se méfient  de l’innovation, attachés à leurs anciennes méthodes et à leur pouvoir. Ce sont ceux qui ont besoin de trouver un bénéfice et de se sentir en sécurité vis-à-vis de leur qualification et de leur liberté personnelle (mythe du Big Brother). Finalement, la technologie va évoluer, l’organisation de l’entreprise va s’adapter. Le plus important reste que « le numérique ce n’est pas de la technologie, c’est une culture, une pyschologie, une nouvelle manière de penser et d’agir, une nouvelle hiérarchie, un nouveau style de gouvernance ».  La réelle question est donc: »Comment nous allons conduire cette nouveauté? »